• Header1.jpg
  • Header2.jpg
  • Header3.jpg
  • Header4.jpg
  • Header5.jpg
  • Header6.jpg

LogoRoyalQcHeader2

D'Albert Murray à Rodrigue Huot

L’implantation et le développement du golf en Amérique ont, à n’en pas douter, permis aux professionnels d’obtenir respectabilité et notoriété. En Écosse, ils jouissent de peu de considération. Est professionnel quiconque gagne sa vie avec ce sport, que ce soit à titre de cadet, de fabricant de balles, de bâtons ou de surintendant de terrain. La distinction entre eux et les autres golfeurs est une d’acception. On les assimile à la classe ouvrière par comparaison aux golfeurs qui font partie d’une classe sociale plus élevée, les gentlemen golfers. En fait, il n’est pas rare de voir ces derniers participer à des compétitions en vue d’obtenir un revenu d’appoint. Le gain pécuniaire n’est donc pas ce qui distingue les professionnels des autres golfeurs, mais plutôt le genre de travail qu’ils font. Le terme « amateur » n’apparaîtra que tardivement, après le début des années 1860. La venue en Amérique du Nord de nombreux professionnels allait cependant changer cette perception.

Le premier professionnel rattaché à un club de golf en Amérique du Nord est Willie F. Davis, natif de Carnoustie en Écosse. Engagé par le Montreal Golf Club, il ne demeure toutefois à l’emploi de ce club que pendant la saison 1881-1882. En désaccord avec les conditions qu’on lui impose, inspirées des clubs écossais, il abandonne ses fonctions. Les autorités du club montréalais, se croyant sans doute obligées envers Davis qu’elles ont fait venir d’Europe, offrent ses services au Quebec Golf Club, qui refuse : le nombre peu élevé de membres au sein du club de la vieille capitale ne peut justifier l’engagement d’un professionnel.

Il faut attendre 1906 avant que le Quebec Golf Club n’engage son premier professionnel. Il s’agit d’Albert Murray, frère de Charles Murray, le professionnel en titre du Royal Montreal Golf Club. Il est à l’emploi du club au cours des saisons 1906 et 1907. En 1908, il quitte Québec pour joindre l’Outremont Golf Club. Les membres du Quebec Golf Club demandent alors à la direction, à l’occasion de leur assemblée annuelle tenue le 21 novembre 1908, d’engager un nouveau professionnel, mais à la condition que les revenus usuels suffisent à payer son salaire.

Un professionnel écossais, Willie J. Bell, avise aussitôt la direction du club de son intérêt à combler le poste laissé vacant par le départ de Murray. Quelques mois plus tard, il informe pourtant le club qu’il a accepté les offres d’un autre club, soit le Waterloo Country Club, dont il sera le professionnel en titre de 1909 à 1912. Malgré le départ de Murray, le Quebec Golf Club garde toujours contact avec ce dernier.

Même si, encore en 1909, Murray doute de la capacité du club à trouver un bon professionnel, on finit par en dénicher un, Fred Rickwood, qui entre aussitôt en fonction. Celui-ci est réputé pour être un frappeur puissant. Le club lui accorde, en septembre 1909, une somme de 20 $ pour lui permettre de participer à l’Open Championship of Canada, qui se tient à Toronto. On lui consent une nouvelle aide financière afin qu’il puisse jouer dans un tournoi à Montréal. Il reçoit cette fois un montant de 10 $. L’élégant Rickwood sait se montrer attentif aux besoins des membres. Le 13 septembre, la direction lui adresse de chaleureux remerciements pour avoir fait don au club de bâtons, qui sont remis aux gagnants de certaines compétitions, dont l’une s’adresse plus particulièrement aux membres juniors.

Les services de Rickwood sont appréciés et la direction du club renouvelle son contrat pour la saison 1910. En juin 1910, Rickwood reçoit, une fois de plus, une somme de 20 $ pour participer au championnat canadien à Toronto. Toutefois, l’incertitude liée au fait que le club doive éventuellement quitter les Cove Fields pour un endroit encore inconnu l’amène à accepter, en 1912, le poste de professionnel au club Riverside, de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Il agira à ce titre jusqu’au début de la guerre de 1914. Il devient alors le premier professionnel canadien à s’enrôler dans l’armée canadienne. Rickwood avait été l’un des fondateurs de l’Association des golfeurs professionnels du Canada en juillet 1911.

Le départ de Rickwood force alors le club à s’adresser, une fois de plus, à Charles Murray en vue de trouver un remplaçant. On prend cependant soin d’indiquer à Murray que le salaire du professionnel ne peut excéder 25 $ par mois pour un contrat d’une durée de sept mois. Les recherches sont vaines. Le club doit se résoudre à n’avoir aucun professionnel au cours de la saison 1912.

Le 4 avril 1913, au moment de l’assemblée annuelle des membres, le secrétaire honoraire donne lecture de deux lettres. L’une d’elle est une offre de services de Harry Hampton, professionnel écossais. L’autre est de Charles Murray, qui recommande l’engagement de Léo Quesnel. Le club opte pour Quesnel. On lui offre un salaire de 35 $ par mois et on lui propose un contrat d’une durée de six mois, à compter du 15 avril. Le 26 avril, Quesnel rencontre les membres du comité du terrain. On précise certaines de ses fonctions, notamment en ce qui a trait à la supervision des cadets et on fixe le coût du nettoyage des bâtons des membres à 2 $ pour la saison.

Le contrat de Quesnel est renouvelé aux mêmes conditions pour les saisons 1914 et 1915. En 1916, Quesnel se montre toutefois insatisfait de celles-ci. En réponse à une lettre que lui fait parvenir George Van Felson, secrétaire honoraire du club, il informe les membres du conseil d’administration qu’il exige un salaire mensuel de 50 $, salaire, dit-il, qui correspond à celui versé au professionnel des plus petits clubs de golf. Il signale, de plus, avoir reçu une offre de 60 $ par mois. Il se dit toutefois prêt à demeurer à l’emploi du Quebec Golf Club si on accepte de lui payer le salaire exigé. Comme la demande de Quesnel n’apparaît pas exagérée, on lui accorde l’augmentation qu’il souhaite. Le club lui impose cependant une condition : il devra assumer certaines tâches qui n’entrent pas en conflit avec son statut de professionnel.

Soulignons, à ce point, que la première compétition professionnelle tenue au Quebec Golf Club a lieu en 1917. En effet, le 23 août 1917, le club accepte d’être l’hôte d’un tournoi professionnel au profit de la Croix-Rouge. On exige un droit d’entrée des spectateurs. Les profits de ce tournoi, qui réunit quatre golfeurs professionnels, s’élèvent à 82,50 $.

Insatisfait du travail de Quesnel, le conseil d’administration décide, en février 1919, que ses services ne sont plus requis. On entreprend aussitôt des recherches pour trouver un nouveau professionnel. Moins d’un mois plus tard, soit le 14 mars 1919, on annonce la nomination de Frank. E. Lock, qui recevra un salaire mensuel de 75 $. Il doit cependant, à même ses revenus, assumer le salaire de son adjoint. En plus d’être responsable de la confection, du nettoyage et de la réparation des bâtons, il doit prendre charge des cadets et veiller à l’entretien du parcours. En outre, seuls les membres peuvent bénéficier de son enseignement. Le coût des leçons est de 1 $ pour une heure, de 0,50 $ pour une demi-heure et de 1 $ pour une ronde de 18 trous. Fait cocasse, on songe, en avril 1919, à engager de nouveau Quesnel, mais cette fois à titre de surintendant du terrain. Lock, on peut le comprendre, s’oppose à cette idée. Quesnel s’installe à ce moment en Nouvelle-Écosse, où il poursuit sa carrière au Brightwood Golf Club. Il remportera le Maritime Open Championship en trois occasions, soit en 1921, 1923 et 1926. Quant à Frank E. Lock, il demeure à l’emploi du club jusqu’en 1925.

Le club ne semble pas avoir eu de professionnel en titre en 1926, puisque Harry K. Hotchkiss n’entre en fonction qu’en 1927. Les premières années se passent sans problème. Hotchkiss a toutefois certaines difficultés à percevoir les sommes qui lui sont dues par plusieurs membres. La situation devient à ce point pénible qu’il s’en plaint au conseil d’administration. La question est même soulevée en assemblée générale. Le conseil d’administration étudie les moyens à sa disposition pour protéger le professionnel. En 1931, les membres lui doivent plus de 500 $ et on décide que les noms des membres délinquants seront remis au club.

Le travail de Hotchkiss est toutefois l’objet de critiques, notamment en ce qui concerne les heures d’ouverture de sa boutique. La direction lui fait part de son insatisfaction. On l’informe que les professionnels de la région de Montréal commencent leur journée à huit heures et que les adjoints sont au travail dès sept heures. Quant aux heures de fermeture, il ne saurait être question que la boutique du professionnel ferme avant 19 heures. Hotchkiss se doit donc de respecter les membres et de répondre à leurs besoins.

En décembre 1933, le conseil d’administration décide de mettre fin au contrat de Hotchkiss à moins que le nouveau conseil élu pour la saison 1934 en juge autrement. Celui-ci fait à nouveau confiance à Hotchkiss pour les deux saisons suivantes. Toutefois, dès le printemps de 1936, la rumeur veut que son contrat prenne fin, puisque le professionnel du club de golf de Murray Bay de même que Rodolphe Huot, adjoint de son frère Jules au Kent Golf Links, ont soumis leur candidature pour succéder à Hotchkiss. Plusieurs autres professionnels sont en lice : Roland Huot, Harry Black et Loch McLean. En octobre 1936, la direction offre à Roland Huot le poste de professionnel et à Rodolphe Huot celui d’adjoint et de caddy master. On leur propose respectivement un salaire de 800 $ et de 600 $ par année, ce qu’ils acceptent. Le Royal Québec ouvre alors une nouvelle page de l’histoire du golf au Canada, celle d’une grande famille de golfeurs francophones.

La famille Huot, comme la majorité des familles canadienne-françaises de l’époque, est nombreuse. Elle compte 13 enfants, 8 garçons et 5 filles. Les garçons se sont initiés tôt au golf. Natifs de Boischatel, ils demeurent tout près du parcours du Quebec Golf Club. Il ne faut donc pas se surprendre de les voir, par curiosité au début, s’intéresser à ce sport. Les plus vieux de la famille, Emmanuel, Jules, Maurice et Ulric, malgré l’interdiction qui leur est faite, se rendent souvent de l’autre côté de la rivière Montmorency pour jouer avec des jeunes de leur âge. Appuyés parfois sur la clôture qui délimite le parcours du Quebec Golf Club, ils regardent les golfeurs pratiquer leur sport favori. Un jour, par une belle fin d’après-midi, certains golfeurs les remarquent le long du trou no 1. Comme ils n’ont pu trouver de cadets à cause de l’heure tardive, ils leur demandent s’ils seraient intéressés à porter leurs bâtons. Les frères Huot acceptent et sautent aussitôt la clôture. Cette expérience allait avoir une influence marquante sur eux puisqu’ils entraîneront leurs jeunes frères, Rodolphe, Roland, Antonio (Tony) et Benoît à faire de même.

Nicolas Huot, leur père, technicien en machinerie à la Dominion Textile, aime bien les sports et ne s’oppose pas à ce que ses enfants travaillent à titre de cadets au Quebec Golf Club. Ce travail de porteurs de bâtons leur apprend les rudiments du golf : ils notent les élans des joueurs, observent leurs techniques d’approche et leurs façons d’effectuer les coups roulés. Lock fait appel à leur aide lorsqu’il donne des leçons. La tâche des jeunes Huot est de ramasser les balles, tant dans les allées qu’autour du vert de pratique. On leur permet également de jouer au golf entre sept heures et neuf heures du matin.

Frank E. Lock offre bientôt à l’un d’eux, Jules, de travailler à sa boutique. Celui-ci accepte. Il a charge de nettoyer et de réparer les bâtons. Il continue de pratiquer sans relâche. Impressionné par ses talents, Lock l’inscrit, en 1924, alors qu’il n’a que 16 ans, au Quebec Open. Malgré son jeune âge, Jules impressionne. Cinq ans plus tard, il devient l’adjoint du professionnel du Kent Golf Links, Rex Batley, puis le professionnel en titre. Son frère Rodolphe le suit, un an plus tard, au même club à titre de surintendant du terrain.

En 1937, Roland est engagé à titre de professionnel au Royal Québec. Il vient d’avoir 23 ans. Il arrive du Lingan Golf Club, de Sydney, en Nouvelle-Écosse. Il a remporté les deux années précédentes le Maritime Open Championship. Il possède les qualifications requises. On renouvelle son contrat l’année suivante. Son salaire en 1938 est de 1 400 $, mais on l’oblige à engager son frère Rodolphe et à avoir un employé compétent à sa boutique. La qualité de leur jeu fait honneur au club. Dans son rapport présenté à l’assemblée générale annuelle des membres, le capitaine, Ronald A. Carr, mentionne que le professionnel et son adjoint ont connu une excellente saison. Rodolphe a brisé le record du terrain en jouant 68 et son frère et lui ont chacun réussi, à quelques jours d’intervalle, des trous d’un coup. En 1939, au championnat de la CPGA, Roland termine deuxième, ex æquo avec Stan Horne, tandis que Rodophe se classe cinquième. Le vainqueur est Jules Huot.

La carrière de Roland au sein du Royal Québec prend fin au printemps de 1942. La fermeture du Kent Golf Links explique son départ. En effet, l’entente intervenue le 13 mars 1942 entre la Quebec Power et le Royal Quebec Golf Club oblige le club à engager Jules Huot, le professionnel du Kent, à titre de professionnel du club pour une durée de cinq ans. Il s’agit là de l’une des sept conditions pour que le Kent Golf Links cesse ses activités. Or, compte tenu de sa situation financière précaire, le Royal Québec désire voir le club voisin cesser ses activités. Il ne peut donc refuser cette condition. On signifie à Roland que son contrat prendra fin le mois suivant. Ce dernier tente d’obtenir un mois additionnel de salaire. Le club refuse. On invoque des raisons financières tout en insistant sur le fait que son contrat n’était valide que pour un an. Roland ne demeure toutefois pas longtemps sans emploi. On le retrouve, la même année, comme professionnel du club Chaudière, à Aylmer, au Québec.

L’arrivée de Jules Huot ne déplaît pas nécessairement. Ce dernier jouit d’une renommée sur tout le continent nord-américain. Son palmarès est impressionnant. Depuis son admission comme professionnel du Kent Golf Links en 1930, il a participé à tous les championnats de l’Association des golfeurs professionnels du Canada de même qu’à tous les championnats du Québec. Il s’est toujours qualifié pour le Canadian Open Championship. Il a gagné le Quebec Spring Tournament en 1932. Il a remporté à nouveau ce tournoi en 1935. En 1934, il est sorti vainqueur du Quebec Open Championship, tenu au Kanawaki Golf and Country Club. Fait remarquable, au moment de la dernière ronde de ce tournoi, il a terminé le premier neuf en jouant six sous la normale. La même année, il a gagné le Championnat de la CPGA, joué au Country Club de Montréal.

Jules Huot est encore vainqueur du Championnat des golfeurs professionnels du Canada en 1939. Soulignons qu’il terminera deuxième à ce même championnat au cours des années 1945, 1947 et 1952 et qu’il gagnera à nouveau le Championnat des golfeurs professionnels du Québec en 1945 et 1948. En 1944, il s’assure de la deuxième position à l’Ontario Open Championship, à égalité avec Stan Horne. Il remportera ce tournoi en 1955, en l’emportant sur Gordon Breydson, celui-là même qu’il avait défait 11 ans plus tôt. Sa victoire la plus impressionnante est toutefois celle du General Brock Open en 1937, quand il défait les meilleurs professionnels américains, notamment Ben Hogan, Jimmy Thompson et Byron Nelson. On comprend donc que le Royal Québec accueille avec joie « le petit Jules », comme on l’appelle.

Le séjour de Jules Huot est toutefois de courte durée. Le 24 novembre 1944, le conseil d’administration prend connaissance de sa lettre de démission comme professionnel du club; il a accepté une offre du club de golf de Laval-sur-le-Lac. Rodolphe, le frère de Jules, avait sans doute été informé de ses intentions puisqu’on indique, à la même réunion, qu’il a soumis sa candidature pour lui succéder. Rodolphe Huot, à l’emploi du club depuis déjà huit ans, est très apprécié. Sans tarder, J. V. Perrin, appuyé par Léon T. DesRivières, propose son engagement. On lui offre un salaire annuel de 1 500 $, payable mensuellement, plus une somme de 300 $ en vue de lui permettre de trouver un jeune adjoint compétent. Ce dernier devra également agir comme caddie master. Rodolphe Huot, âgé de 32 ans, entreprend alors une longue carrière comme professionnel en titre du Royal Québec.

Tout comme son frère Jules, Rodolphe a un dossier impressionnant. Vainqueur à deux reprises du tournoi des professionnels adjoints du Québec, il a remporté la victoire, en ces deux occasions, en éliminatoire, sur Gerry Proulx, puis Len Herman. Au niveau national, il a connu des succès identiques au Championnat des professionnels adjoints et il a terminé deuxième en une autre occasion. En 1939, quand il participe à son premier tournoi de la CPGA, il prend le cinquième rang. Sa meilleure année, il la connaît en 1947 lorsqu’il gagne le Championnat des golfeurs professionnels du Canada avec un résultat de 291, l’emportant sur son frère Jules et Bob Gray du Scarboro Club, de Toronto, qui tous deux jouent 296. Il finit premier, la même année, au Maritime Open tenu au Riverside Golf and Country Club de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, en devançant à nouveau Bob Gray. De nombreuses autres victoires viendront s’ajouter. Qu’il suffise de mentionner, à titre d’exemples, celles du Lachute Open et du tournoi O’Keefe.

Rodolphe Huot a une plus grande puissance comme frappeur que Jules. Il réussira même, un jour, à atteindre le vert du trou no 17 du parcours Royal avec son coup de départ. Il ne possède toutefois pas l’habileté de son frère sur les verts. Les coups roulés constituent sa faiblesse. Aussi l’entendra-t-on souvent dire : « C’est avec les plus belles drives que l’on fait ses plus beaux bogeys ». S’il excelle au golf, il est aussi un pédagogue hors pair. Ses conseils sont fort recherchés. Fin connaisseur de golf, il sait analyser les forces et les faiblesses de ses élèves. Plusieurs golfeurs lui en seront reconnaissants.

Rodolphe Huot se montre, sa carrière durant, dévoué au mieux-être du club. Omniprésent, il fait bénéficier le club de son expérience. Il surveille l’état du parcours, supervise les travaux, conseille la direction et s’occupe des membres. Il est fier d’appartenir au Royal Québec et défend de manière constante les intérêts du club. Il va même jusqu’à se présenter comme maire de Boischatel pour contrer les difficultés que rencontre le club avec la municipalité. Ses confrères l’apprécient tout autant. En 1972, on lui fait l’honneur de l’élire président de l’Association des golfeurs professionnels du Canada. Rodolphe Huot prend sa retraite en 1975. Le golf aura été sa vie, le Royal Québec son chez-lui. Quelques minutes à peine avant son décès, alors qu’il sombre dans le coma, ses pensées se tournent encore vers le golf. Ses proches l’entendent murmurer : « Jos, donne-moi mon fer 5 ». Ces derniers mots, il les adresse à Josaphat Doyon, un ami d’enfance et un compagnon de tous les instants. Rodolphe Huot laisse le souvenir d’un professionnel qui a consacré sa carrière au club, d’un excellent golfeur et d’un homme parfois bourru et intransigeant, mais toujours juste et généreux.

1976 marque l’arrivée de Rodrigue Huot, le fils de Rodolphe, comme professionnel du club ; il possède déjà une longue expérience. Professionnel adjoint au Royal Québec depuis déjà 10 ans, Rodrigue, sans doute influencé par son père, montre plus d’intérêt pour l’enseignement que pour la compétition. Les temps ont aussi bien changé. La profession se spécialise. Les clubs préfèrent voir leur professionnel s’attarder aux besoins des membres plutôt qu’à la compétition. Les tournois professionnels exigent non seulement des habiletés particulières, mais également un entraînement constant et des absences prolongées. Un choix s’impose. Devant le risque de victoires incertaines, Rodrigue préfère consacrer ses efforts à son travail de professionnel de club. L’enseignement et les services qu’il sait donner font de lui un professionnel des plus appréciés. Les membres le lui disent, le conseil d’administration le note et s’en réjouit. Désireux de voir le Royal Québec demeurer présent au niveau des compétitions professionnelles, il fera en sorte que son fils Nicolas, professionnel adjoint au club, représente dignement le Royal Québec aux différents tournois professionnels disputés tant au Québec qu’au Canada.

Copyright © 2010 Le Club de Golf Royal Québec
All Rights Reserved