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Championnats du CPGA

24 février 1953. Château Frontenac. L’assemblée annuelle des actionnaires du club vient à peine de se terminer que le conseil d’administration nouvellement élu se réunit. Peu de questions sont à l’ordre du jour. L’une mérite toutefois l’attention des administrateurs. Il s’agit d’une lettre, datée du 11 février, de la Canadian Professional Golfers Association. M. Jos Lemay, gérant du club, en fait la lecture. L’association formule le souhait de pouvoir tenir au Royal Québec le trente-huitième Championnat annuel des golfeurs professionnels du Canada. Les dates proposées sont les 3, 4 et 5 juillet. La discussion dure peu. La demande est acceptée. On se doute que le professionnel du club, Rodolphe Huot, n’est pas étranger à cette demande.

Une cinquantaine de joueurs font parvenir leur inscription, dont Stan Leonard. La venue de ce dernier comble les amateurs. La lutte se fera entre lui et Pat Fletcher, pense-t-on. Les frères Huot, Jules, Rodolphe, Roland et Tony, peuvent cependant surprendre. Si la raison impose Leonard, le cœur penche vers les Huot. D’autres joueurs pourraient causer des surprises. Henry Martell, devenu professionnel après une brillante carrière chez les amateurs, roule 68 le jour qui précède le tournoi. Bill Kerr, du Beaconsfield, inscrit 32 sur le deuxième neuf. La lutte s’annonce vive.

La journée du 3 juillet est consacrée à un pro-am. Les frères Jules et Rodolphe Huot donnent de l’espoir à leurs admirateurs. Ils inscrivent les deux meilleurs pointages de la journée, Jules avec 69 et Rodolphe avec 71. Pat Fletcher impressionne peu. Il joue 76. Chez les amateurs invités à participer au tournoi, deux membres du Royal Québec, Alfred Chouinard et Clermont Vézina, épatent avec un résultat de 71 chacun.

Le samedi 4 juillet marque le début du tournoi. La journée est ensoleillée mais le vent souffle fort : 15 à 30 kilomètres à l’heure. Pat Fletcher prend la tête avec un 68, quatre coups sous la normale. Il possède une avance de deux coups sur ses plus proches rivaux, dont Stan Leonard et Bill Kerr. On révise les pronostics de la veille ; Fletcher pourrait bien conserver son championnat ! Quant aux favoris locaux, Jules et Rodolphe Huot, ils effectuent respectivement des rondes de 72 et 79.

Le lendemain, les participants se rendent tôt au club. Ils doivent jouer 36 trous. Kerr et Leonard y vont encore d’un 70 chacun au cours de la ronde matinale. Ils partagent le premier rang, Fletcher n’ayant pu réussir mieux que 75. Henry Martell occupe alors le troisième rang, à égalité avec Al Balding. Tous les deux ont un cumulatif de 142 coups. Dans l’après-midi, la majorité des joueurs font preuve de nervosité. Stan Leonard est tout simplement incapable de réussir ses coups roulés. Le premier neuf de Balding est désastreux : il inscrit 42 coups. Celui-ci revient en force au deuxième neuf en jouant cinq sous la normale. Il est cependant trop tard. Martell, malgré certaines difficultés, réussit une ronde de 69, ce qui lui assure la victoire et le Championnat des professionnels du Canada

Le tournoi terminé, tous les joueurs n’ont que des éloges pour l’état du parcours. On remercie chaleureusement Rodolphe Huot, qui a su si bien organiser la compétition, et on promet de revenir. Cette promesse est tenue en 1961. Les professionnels reviennent tenir leur championnat au Royal Québec. Le tournoi, cette fois, a lieu au cours du mois d’août, soit du 17 au 20 août.

En plus du tournoi de 54 trous où les professionnels se disputent la plaque Seagram, une rencontre spéciale oppose Al Balding à Stan Leonard. La coupe Rivermead, décernée annuellement au professionnel canadien qui s’est le mieux classé au Canadian Open, est l’enjeu de cette partie éliminatoire entre ces deux golfeurs qui ont terminé à égalité au Canadian Open, tenu à Winnipeg le mois précédent. L’Association royale de golf du Canada a accepté de faire briser cette égalité la journée avant le début du championnat.

Le tournoi attire de nombreux participants, 140 au total ; ce nombre dépasse les prévisions. Le comité d’organisation du tournoi s’en réjouit mais éprouve certains maux de tête, car il lui faut se mettre à la recherche d’amateurs pour participer au tournoi pro-amateur et recruter des cadets additionnels de même qu’une quinzaine de surveillants. Qu’à cela ne tienne, les organisateurs savent relever le défi.

Une heure à peine après le départ des derniers participants du tournoi pro-am, qui sera gagné par le duo formé de Bill Thompson, de Vancouver, et d’Alfred Chouinard, du Royal Quebec, Balding et Leonard se présentent au tertre no 1. Il est 15 : 30 heures. De nombreux spectateurs suivent les deux joueurs. Au trou no 5, Balding inscrit un double boguey, résultat d’un mauvais coup de départ qui a conduit sa balle dans la rivière. Il n’abandonne toutefois pas la lutte. Au tertre du 18, il n’a plus qu’un coup de retard sur Leonard. Il frappe le premier et réussit un coup parfait. Sa balle franchit une distance de quelque 250 verges et tombe au centre de l’allée. Leonard frappe à son tour. Il pousse sa balle dans l’herbe longue du côté de l’allée du trou no 9, tout près des arbres qui longent ce trou. Balding joue un excellent deuxième coup. La pression est alors sur Leonard. Il prend position et effectue un coup quasi impossible : il place sa balle à environ 60 verges du vert, réussit son coup d’approche et son coup roulé. Il inscrit un oiselet et l’emporte sur Balding par deux coups. Il remet une carte de 71. Leonard gagne le trophée Rivermead pour la neuvième fois de sa carrière.

Cette victoire donne espoir à Leonard de remporter un huitième Championnat des golfeurs professionnels du Canada. Il n’est pas sans savoir qu’il est l’un des favoris. On se demande quel sera le pointage nécessaire pour remporter les honneurs du tournoi. Certains professionnels avancent le chiffre de 210. Questionné par Roland Sabourin, Rodolphe Huot dit douter qu’un joueur puisse réaliser un pointage inférieur à 206. « Je suis peut-être trop conservateur mais les joueurs constateront que le parcours de notre club n’est pas facile » s’empresse-t-il de mentionner à ce journaliste de L’Événement-Journal et du Soleil. Le terrain est en excellente condition. « Difficile d’être plus beau » soulignent de nombreux professionnels.

La première journée du tournoi semble donner raison à ceux qui privilégient Leonard. Il joue 67. Balding n’est cependant pas loin derrière. Lui et Gerry Proulx, de Montréal, terminent avec 69. Balding a connu à nouveau des difficultés au cinquième trou. Il a encore fait un double boguey. Rodolphe Huot connaît aussi certains problèmes sur ce trou. Il réussit quand même à jouer 73, grâce à cinq oiselets.

La deuxième ronde confirme la supériorité de Leonard. Un autre 67 s’ajoute à celui de la journée précédente. Al Balding est incapable de suivre le rythme imposé par le golfeur de 46 ans. Malgré une ronde de 72, il se retrouve à sept coups du meneur. Gerry Proulx a également bien joué avec un 73. On ne peut dire la même chose des frères Huot. Jules maugrée parce que la foule n’a de yeux que pour Balding, qui fait partie du trio qui le suit. Au trou no 8, il n’en peut plus. Il rappelle les spectateurs à l’ordre. Ces derniers, sans égard pour les joueurs qui terminent leurs coups roulés sur le vert, se pressent autour de celui-ci pour obtenir la meilleure place en vue de voir arriver la balle de Balding. Il ne peut faire mieux que 78. Quant à Rodolphe, son fer droit l’a abandonné. Il manque coup roulé après coup roulé. Le résultat est décevant : 80.

La victoire ne peut échapper à Leonard, à moins d’un revirement extraordinaire. Réussira-t-il cependant à jouer une troisième ronde sous la normale ? Les avis sont partagés. La veille, il a été malade et, en ce dimanche 20 août, la température est maussade. Le ciel est couvert de nuages. Une pluie légère tombe. Le vent souffle encore. Qui plus est, il fait presque froid. Le thermomètre marque 18° Celsius, une différence de 10 degrés avec la journée précédente. Ces conditions ne semblent pas déranger Leonard puisqu’il commence la ronde finale avec un oiselet au premier trou. Il joue toutefois une partie en dents de scie. Il la qualifiera lui-même, à la fin du tournoi, de « ridicule ». Il obtient huit oiselets, dont quatre sur les quatre derniers trous, mais ne peut faire mieux que 69. Il termine le tournoi avec sept coups d’avance sur Balding, qui finit deuxième. Son cumulatif de 203 constitue un nouveau record de la CPGA.

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