• Header1.jpg
  • Header2.jpg
  • Header3.jpg
  • Header4.jpg
  • Header5.jpg
  • Header6.jpg

LogoRoyalQcHeader2

Le pavillon du Club

Au temps des Cove Fields, le Quebec Golf Club ne possède pas de pavillon. Le nombre peu élevé de joueurs ne justifie pas d’investir dans un Club House. On préfère louer, sur une base annuelle, un édifice de deux étages situé sur la Grande-Allée, tout près de l’emplacement actuel de la Croix du Sacrifice. Cet immeuble, connu sous le nom de Racket Club, est la propriété de deux membres, Edward Graves Meredith et George H. Thompson. Le club s’occupe de l’entretien des lieux et assume le paiement des taxes municipales. On y retrouve notamment quelques chambres, un salon, une salle de réunions et probablement un court de tennis. Les membres s’y réunissent après leurs parties de golf ou pour y tenir les réunions des différents comités. Leur assemblée annuelle, par contre, à quelques exceptions près, a généralement lieu au Victoria Curling Club. On y affiche les règlements, on y vend des balles, on n’y sert ni repas ni consom-mation. La fin de la saison de golf venue, le club loue les lieux au Tennis Club pour la période hivernale. Le coût de location est de 50 $ en plus du paiement du tiers des taxes annuelles qui s’élèvent à quelque 150 $.

La situation est identique lorsque le club s’installe à Montmorency. Il n’est toujours pas propriétaire de son pavillon. Le loyer payable à la Quebec Power comprend toutefois l’usage d’une maison, probablement la maison Price, propriété de la compagnie. Celle-ci se trouve à proximité du parcours. Elle n’est cependant pas fonctionnelle à titre de Club House. On fait donc appel à l’architecte F. R. Peacock pour la rénover. Les plans doivent notamment prévoir des chambres, qui seront louées aux membres. Le conseil d’administration en détermine le tarif : 40 $ par personne pour la durée de la saison et 60 $ pour deux personnes. On exige du locataire un montant additionnel de 2,50 $ par mois pour assurer l’entretien de la chambre. En l’absence du locataire, le club se réserve le droit de louer la chambre inoccupée au prix de 1 $ par soir, de 15 $ par mois pour une seule personne et de 20 $ pour deux. On achète du mobilier ; on aménage le pavillon. Des membres font l’acquisition de casiers au profit du club. On convient, en contrepartie, de leur conférer le droit de les utiliser gratuitement pendant une période de cinq ans, après quoi le club en deviendra propriétaire.

Tout comme au Racket Club, on n’y sert pas les repas. À Montmorency, les termes du bail interdisent au club d’offrir un service de restauration à moins que le Kent House soit incapable d’assurer ce service. Les repas se prennent donc à ce dernier endroit. Le Quebec Ladies Golf Club peut toutefois utiliser le salon du club pour y offrir, en quelques occasions, thé et biscuits. La visite du gouverneur général du Canada est l’une de ces occasions.

Le 1er mai 1922, un incendie détruit complètement le pavillon. Le club retire le produit des assurances : 6 100 $ pour le pavillon et 2 000 $ pour l’ameublement. La direction de la Quebec Power et celle du club décident, sans tarder, de procéder à la construction d’un nouveau pavillon. Les coûts seront partagés selon l’intérêt respectif des parties. L’architecte Peacock en fait les plans et lance un appel d’offres. Le 27 juin, le conseil d’administration accorde aux plus bas soumissionnaires les contrats de construction du nouveau pavillon. Les travaux sont terminés le 12 octobre au coût de 8 000 $. Le club réclame 3 100 $ de la Quebec Power, soit le montant qu’elle a obtenu des assurances pour le pavillon et avise la compagnie que l’immeuble est libre de tout privilège. Les membres du Quebec Golf Club bénéficieront de ce pavillon pendant près de trois saisons. Il deviendra, après le départ du club pour Boischatel, le pavillon du Kent Golf Links. Cette bâtisse existe toujours.

C’est à Boischatel que le club devient enfin propriétaire d’un pavillon qui correspond aux besoins d’un club de golf. L’immeuble, aux dires des gens de l’époque, est magnifique et constitue un «vrai petit château qui domine le fleuve et d’où l’on admire l’île d’Orléans, Lévis et la cité de Champlain». Le journaliste Edmond Chassé déclare que le pavillon est une merveille où l’on retrouve le confort des club houses d’Angleterre. L’ouverture officielle a lieu quelques heures seulement après celle du parcours. La fanfare de Boischatel accueille dignitaires et invités. Un grand drapeau est accroché dans la fenêtre de l’immense hall du club. La fanfare entonne le God save the King et le Ô Canada, puis le lieutenant-gouverneur Pérodeau décroche le drapeau. Des murmures d’admiration fusent de l’assistance devant le panorama qui s’offre à eux. Le Ladies Golf Club présente au club une horloge « grand-père ». On l’installe dans le hall. Un dîner est offert aux 150 convives. Suivent les discours de circonstances. On porte un toast au président du club, A. J. Welch ; les convives se lèvent et chantent, à titre de remerciement, For he’s a jolly good fellow.

On ne peut toutefois pas servir de boissons alcooliques au club. Un règlement adopté en 1911 prohibe la vente de celles-ci dans les limites de la municipalité. Le club s’adresse donc, quelques mois plus tard, au conseil municipal en vue d’être exempté de l’application de ce règlement. Les autorités municipales et religieuses de Boischatel donnent leur aval mais à la condition expresse que les citoyens de la municipalité n’aient pas accès au club. On soumet la modification du règlement aux électeurs pour approbation. Le club ne prend pas de chances. Le 15 avril, il fait parvenir une lettre circulaire aux électeurs. On y souligne que « seuls les membres du Club ou leur invités pourront se faire servir du vin et de la bière aux repas seulement » et qu’il :

«ne s’agit pas pour le Club d’ouvrir une taverne, où quiconque pourra se faire servir des liqueurs enivrantes, mais cette demande est faite dans un but de tempérance afin de n’avoir dans les limites du Club que des vins et des bières légers».

La population de Boischatel donne son accord. Le club respecte ses engagements. Antonio Huot se voit interdire d’être membre puisqu’il est résident de cette municipalité. Maurice Huot veut tenir au club, le 26 juillet 1942, un dîner dansant. La direction refuse parce que des résidents de Boischatel seront présents à cette soirée. L’interdiction ne sera levée qu’à l’été 1946.

Les membres ne profitent que quelques années du nouveau pavillon. Le samedi 8 juin 1929, vers les 21:15 heures, tandis que plusieurs membres sont encore à dîner au pavillon, un feu se déclare. On fait aussitôt appel aux pompiers de Québec de crainte que le vent ne propage l’incendie aux maisons avoisinantes. Les membres alors présents de même que des citoyens de Boischatel unissent leurs efforts pour sauver meubles et objets divers. L’incendie est violent. Une heure plus tard, le pavillon n’est plus qu’un amas de bois carbonisé. C’est la consternation.

Le conseil d’administration se réunit dès le lendemain matin. Il faut trouver un endroit pour loger les membres. Le président Power affirme qu’il faudra construire un pavillon temporaire s’il ne peut obtenir des tentes du gouvernement. La réponse du gouvernement est négative. Il faut oublier les tentes. Une petite bâtisse provisoire est construite en un temps record. Le 15 juin, elle abrite les membres et on peut déjà y servir des repas. Les assureurs versent l’indemnité payable : 50 000 $. On confie aussitôt cette somme au Montreal Trust, qui la place à un taux d’intérêt de 5 1/2 % l’an. Le comité de reconstruction se met à la tâche. Son président, A. A. MacDiarmid, songe à la construction d’un pavillon d’une valeur d’environ 35 000 $ et d’un réservoir d’eau de 10 000 gallons pour prévenir toute nouvelle catastrophe. On engage le cabinet d’architectes Perry & Luke de Montréal pour en faire les plans. Ceux-ci déposent, en janvier 1930, deux plans, l’un qui prévoit des coûts de construction de 35 000 $, l’autre de 65 000 $. La direction demande aux architectes de concevoir un pavillon qui réponde tant aux besoins présents que futurs. Or, comme la construction exigerait, suivant les plans proposés, une cotisation de 100 $ par membre, on la reporte à plus tard. On est maintenant en pleine crise économique.

Le conseil d’administration du club informe les membres, à l’assemblée générale tenue au Château Frontenac le 11 février 1930, qu’il a retenu deux projets parmi les huit à dix qui lui ont été soumis. Les membres peuvent consulter, à l’arrière de la salle, les plans retenus, lesquels sont marqués « A » et « B ». Les coûts de construction approximatifs sont de 40 000 $ et 50 000 $ respectivement, coûts auxquels on doit ajouter celui de la construction d’un réservoir d’eau pour un prix de 10 000 $ et celui de l’équipement et de la machinerie pour un montant additionnel de 10 000 $. Le plan « A » coûterait ainsi 60 000 $ tandis que le plan « B » exigerait des débours de 70 000 $. On fait état que le club a en main une somme de 50 000 $ qui provient des assurances, mais il lui manque une partie du capital requis. Le désir des membres de disposer d’un véritable pavillon les pousse à proposer à la direction de demander aux architectes d’établir les coûts selon deux options, l’une prévoyant la construction complète, l’autre partielle. On prie les architectes de lancer immédiatement les appels d’offre.

Les soumissions reçues, le conseil d’administration se réunit pour établir sa position sur le projet avant de consulter les membres. Le trésorier, M. Maurice Samson, souligne que la situation financière du club ne permet pas pour le moment d’envisager de telles dépenses. Le projet « B » fait l’unanimité. On recommandera donc aux membres de reporter la construction d’un an. Ceux-ci acceptent. Le 10 février 1931, on approuve de façon définitive la construction du pavillon. Magloire Cauchon obtient le contrat. Tout comme ce fut le cas à Montmorency, le conseil établit le coût de location des chambres : 150 $ pour les chambres 1 et 2, 125 $ pour la chambre 9 et 100 $ pour les autres. Le 11 juin 1931, M. MacDiarmid informe le conseil d’administration que la construction sera terminée le mercredi suivant. On fixe l’ouverture officielle au 24 juin à 16:30 heures. On invite de nombreuses personnalités de la ville de Québec ainsi que les membres à assister à la cérémonie, qui sera suivie d’un dîner dansant au coût de 2 $ par personne. Le lieutenant-gouverneur est une fois de plus l’invité d’honneur. Plus de 500 personnes acceptent l’invitation du président L. T. des Rivières.

Le pavillon subit peu de modifications au cours des ans. L’augmentation du nombre de membres – ils sont près de 900 au milieu des années 1960 – force, toutefois, le club à penser à un agrandissement. On confie à l’architecte Paul Cauchon le mandat de présenter des esquisses. On lance un appel d’offres. Les prix demandés sont trop élevés. On décide de ne construire qu’une annexe afin de permettre, notamment, l’ajout additionnel de casiers, de douches et de salles de bain. On aménage, dans sa partie supérieure, une galerie. Celle-ci offre un espace additionnel pour servir des repas lors de tournois. En fait, cette construction ne répond pas aux besoins. Pourquoi ne pas ériger une structure permanente qui respecte l’architecture originale ? La question demeure posée pendant de nombreuses années.

Le conseil d’administration convoque finalement, au début de 1991, les membres à une assemblée générale spéciale. On demande l’autorisation de parachever l’annexe en se réservant, toutefois, le droit d’imposer une cotisation spéciale de 400 $ par membre. Il ne saurait être question d’emprunt. Les membres approuvent le projet. La construction débute dès l’automne de 1991 afin que les travaux soient terminés la saison suivante. 350 000 $ y seront consacrés.

Copyright © 2010 Le Club de Golf Royal Québec
All Rights Reserved