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Terrains

Le transfert à Boischatel / 1925-1999

La décision de la Quebec Power de mettre fin à son entente avec le Quebec Golf Club impose une condition : le club doit être dans l'avenir propriétaire de son parcours. Les recherches débutent. Les regards se portent tout naturellement de l'autre côté de la rivière Montmorency. On peut y voir, à moins d'un kilomètre, de beaux et vastes terrains. Ceux-ci sont toutefois peu boisés, mais l'emplacement plaît. La réalisation du projet dépend cependant de la capacité financière du club.

En vertu de sa structure légale, le club n'a pas le pouvoir juridique de garantir ses emprunts par voie d'hypothèque, ni le pouvoir d'émettre des obligations à titre de garantie de paiement. Il lui faudrait être constitué en corporation. Un projet de loi privée, la « Loi constituant en corporation The Quebec Golf Club » est déposé à l'Assemblée législative de la province de Québec. Lawrence Arthur Cannon, député de Québec-Centre, en est le parrain. La loi est sanctionnée le 29 décembre 1922. Le club sera régi par les dispositions de la Loi des compagnies de Québec (1920). Il a dorénavant la capacité légale d'émettre des obligations et d'hypothéquer ses biens. Le club peut donc acquérir les terrains qui lui sont nécessaires pour y construire un golf.

Une question additionnelle se pose : les champs qu'on convoite à Boischatel sont-ils propices à la construction d'un golf ? On fait appel à Charles Murray pour inspecter les terrains sur lesquels on veut s'établir. Murray se dit incapable de répondre à cette demande et suggère de faire appel à W. Park, et de lui confier, peut-être, la confection des plans du nouveau parcours.

Willie Park Jr., vainqueur du British Open en 1887 et 1889, est alors reconnu comme l'autorité dans le domaine de l'architecture de clubs de golf. Plusieurs clubs, un peu partout, requièrent ses services quand il visite le Canada entre 1917 et 1923. Au Québec seulement, les Royal Montreal GC, Mount Bruno GC, Whitlock GC, et Beaconsfield GC sont autant de clients de Park. La direction du Quebec Golf Club n'hésite donc pas à l'engager. Les recommandations de Park sont positives. Le 25 septembre 1922, les membres, réunis en assemblée générale spéciale, acceptent que le club procède à l'achat de quelque 325 acres de terre.

Park a-t-il tracé les plans du parcours ? Aucun document ne le confirme. Un fait demeure : il n'a pu compléter l'ensemble des travaux puisqu'il tombe malade, à l'automne de 1923, au moment où il est à New York. Il décide donc, à ce moment, de retourner en Écosse. Son état de santé, loin de s'améliorer, se détériore et il meurt au printemps de 1925. Son oeuvre, s'il a le mérite d'en avoir fait les plans, devait être parachevée par M. Roddick, autre architecte, mais moins bien connu. En effet, L'Événement note dans son édition du lundi, 8 juin 1925, qu'un architecte paysagiste, M. Roddick, spécialiste de la préparation des « golf-links », a été chargé de la réalisation des plans. Et, de souligner le journal : « l'oeuvre de M. Roddick est digne de tous les éloges ». Le Soleil, de son côté, mentionne, dans son édition du même jour, que le président du club, A.-J. Welch, « eut aussi quelques mots de remerciement et de félicitations à l'adresse de l'architecte des terrains M. Roddick ».

L'inauguration officielle a lieu le 6 juin 1925. Les cérémonies se déroulent avec éclat. « Chic événement », sous-titre L'Événement, qui souligne que le « tout-Québec » s'est rendu à Boischatel et que l'on « peut inscrire cet événement parmi les plus chic de l'été ». Les membres du club, peut-on aussi y lire, « (hommes d'affaires, juges, parlementaires, professionnels) en uniformes de "golfers" (complets de couleurs pâles avec culottes bouffantes) » ont « l'air d'écoliers en vacances » lorsqu'ils se joignent, au trou no 1, aux invités d'honneur, le lieutenant-gouverneur, l'Hon. Narcisse Pérodeau, le premier ministre du Québec, l'Hon. L.-A. Taschereau, le maire de Boischatel, Joseph Trudelle, accompagné de tout son conseil.

L'Hon. Pérodeau frappe la première balle, celle qui marque l'ouverture officielle du nouveau parcours du Quebec Golf Club. La cérémonie est particulière. Une cinquantaine de jeunes cadets s'élancent aussitôt que la balle est frappée pour aller la cueillir, puisqu'on avait promis une récompense à celui qui la rapporterait au président. Roland Huot, qui allait devenir le professionnel en titre du club quelques années plus tard, réussit à attraper la balle, la remet à M. Welch et reçoit son cadeau-souvenir.

Les membres ne sont pas peu fiers de leur nouveau parcours. Ils possèdent, enfin, un véritable terrain de championnat d'une longueur de 6 560 verges, soit 3 250 verges pour le premier neuf trous et 3 310 verges pour le deuxième. L'investissement est toutefois majeur. Le coût de construction s'élève à 200 000 $, somme importante pour l'époque. Beaucoup d'améliorations restent à faire. Les tertres de départ, les allées et les verts nécessitent d'être ensemencés de façon constante. Des travaux de drainage doivent être effectués sur plusieurs trous. La délimitation des allées exige un important programme de plantation d'arbres.

À cela s'ajoute la rigueur du climat. L'année 1928 est particulièrement désastreuse. La crue des eaux printanières emporte les deux ponts qui enjambent la rivière Ferrée. Seize des dix-huit verts sont détruits. Le gazon est complètement mort. On mande Harry Simpson, le green expert de l'Association de golf de la province de Québec, en vue d'obtenir l'aide nécessaire. 1929 débute de façon similaire. On fait à nouveau appel à la collaboration de Simpson. Les verts ont subi des dommages sérieux. On sème les trous nos 3 et 6 au complet. On achète des tonnes de fertilisant. Le comité du terrain demande aux membres de jouer avec un tee dans les allées. En 1931, la direction du club procède à l'engagement d'un surintendant, James Saunders, car Simpson n'est plus disponible.

Le travail acharné de Saunders donne de bons résultats. On note une amélioration évidente du terrain. Les membres s'en réjouissent, la direction s'en félicite. La notoriété du club s'établit peu à peu.

La situation financière du club demeure, par contre, incertaine. La crise économique de 1929 frappe durement. Les priorités changent. Le nombre de membres diminue. L'incendie, la même année, du pavillon accentue les difficultés. Il faut procéder à une consolidation de la dette du club. On réunit les membres en assemblée générale spéciale. Le président Léon T. des Rivières formule la proposition d'emprunter une somme de 150 000 $ et d'émettre des obligations portant intérêt au taux de 6 % l'an en garantie d'un tel emprunt. La proposition est adoptée à l'unanimité.

Une fois la question de la dette en voie de solution, on s'attarde à la baisse du nombre de membres. Un comité de recrutement est formé. La façon d'atteindre l'objectif est, toutefois, plus nébuleux. Une idée germe : pourquoi ne pas offrir un sac de golf d'une valeur de 75 $ au membre qui intéressera le plus de personnes à joindre le club ? Une condition est cependant posée : le prix ne sera accordé que si le nombre minimum de 40 adhérents est atteint. L'idée suscite la participation enthousiaste des membres. L'objectif est dépassé. Le club accueille 46 nouveaux membres. En 1934, nouvelle campagne de recrutement. Le chiffre visé est, cette fois, de 60 nouveaux membres, si possible 100. La direction juge opportun, dans les circonstances, de diminuer la cotisation de 25 $ ; elle sera dorénavant de 50 $ par année. On mise sur une augmentation des effectifs et sur une gestion encore plus serrée des finances pour pallier le manque prévisible de revenus.

La Deuxième Guerre mondiale succède à la crise. La situation financière du club se dégrade et ce dernier ne parvient plus à respecter les engagements qu'il a pris dans l'acte fiduciaire de 1931, au moment de la consolidation de sa dette. Les intérêts dus aux détenteurs d'obligations ne sont plus payés. Le club est en défaut. Les porteurs d'obligations se réunissent et décident, au grand soulagement de plusieurs, qu'il n'est pas opportun, pour le moment, de poursuivre le club pour insolvabilité. On exige cependant qu'un des leurs siège au conseil d'administration du club.

Il faut vite trouver de nouvelles avenues susceptibles de régulariser une situation financière aussi précaire. On négocie un plan de coopération avec la direction de la Shawinigan Water and Power Company, société mère de la Quebec Power, propriétaire du Kent Golf Club. La Quebec Power consent, suivant certaines conditions, à interrompre les activités du Kent pendant la durée de la guerre ou pour une période de cinq ans. Le club entérine, le 13 mars 1942, l'entente proposée. Le Kent Golf Club ne devait jamais rouvrir.

La recherche de financement se poursuit sans relâche. On s'adresse au ministère provincial du Tourisme et à la ville de Québec pour obtenir un appui financier ; on fait valoir le potentiel touristique du golf. On songe à présenter une exposition itinérante des trophées du club de manière à intéresser la population à la pratique de ce sport. L'un des membres du conseil d'administration, Ernest Landry, soumet un projet pour le moins original : le Frigidaire Contest. Il s'agit de solliciter, par le biais des membres, le public pour le tirage d'un réfrigérateur. L'idée plaît. La loterie est lancée. Elle rapporte un montant net de 886,08 $. Le secrétaire du club, Ralph A. Benoît, propose la rédaction d'une brochure sur l'histoire du Royal Québec, brochure qui pourrait être distribuée dans les hôtels de Québec. On le mandate pour faire ce travail. La brochure, la première dans l'histoire du club, est publiée en 1943. On cherche aussi à aug-menter le nombre de membres corporatifs.

La gestion financière interne fait également l'objet d'une attention particulière. Toutes les dépenses sont scrutées à la loupe. Le comité du terrain réduit au minimum les coûts reliés à l'entretien du parcours. Ainsi, quand un voisin, Joseph Doyon, fait parvenir au club un compte de 18,75 $ pour la réparation d'une clôture mitoyenne, on demande à Jules Huot de vérifier si le travail a été bien fait, puis on avise monsieur Doyon de ne plus faire de réparations sans en aviser préalablement le club.

On décide de ne plus remettre au gagnant du trophée Duc de Kent la réplique miniature de ce trophée. On ne fait plus graver les noms des vainqueurs des tournois sur les trophées et on abaisse le salaire du professionnel.

La fin de la guerre ranime l'espoir. Les gouvernements mettent fin au rationnement. La prospérité revient. Les demandes d'adhésion affluent. L'optimisme renaît. Le conflit opposant le club à deux porteurs d'obligations est réglé hors cours. Le règlement prévoit la renonciation par tous les porteurs d'obligations des intérêts impayés et la conversion des obligations qu'ils détiennent. Les détenteurs d obligations acceptent l'entente. Les finances du club se redressent rapidement. Le bilan devient positif.

On entreprend aussitôt la rénovation du parcours selon un plan triennal. La surface de l'ensemble des verts est refaite. On sème les allées ; on construit de nouveaux tertres de départ, mais on ne modifie pas l'architecture du parcours. Le seul véritable changement, sur ce point, avait été fait au cours de la saison 1935. En effet, cette année-là, la longueur du dix-huitième trou avait été réduite de 595 à 555 verges. On avait également, la même année, à la suggestion de l'Association de golf de la province de Québec, porté la normale du premier neuf trous à 35, le neuvième trou passant d'une normale de 5 coups à 4.

De 1946 à 1951, le club affecte plus de 100 000 $ à des travaux d'amélioration. Ces dépenses n'entament pourtant pas ses finances. Les états financiers de 1951 démontrent un surplus budgétaire de 35 498,44 $, tandis que l'obligation de 108 000 $, contractée en 1944, n'est plus que de 59 000 $.

L'engouement pour le golf et l'attrait du Royal Québec ont cependant un prix : l'achalandage. Le club atteint sa capacité limite avec près de 600 membres. On songe à établir, à nouveau, une liste d'attente. On procède à l'engagement d'un préposé au départ pour les fins de semaine et les jours fériés. La rumeur veut que le club construise un neuf trous additionnel. Le 31 janvier 1952, Howard Watson, architecte paysagiste et de terrains de golf, offre ses services, soulignant que ce projet a été porté à son attention. Quelques mois plus tard, le conseil d'administration autorise le professionnel du club à consulter un architecte, puis on oublie, pendant un temps, l'idée.

Le projet refait surface en 1958. On obtient un estimé de l'architecte Watson. Le coût de construction s'élèverait à 60 000 $. Le conseil d'administration demande aux actionnaires une autorisation d'emprunt pour réaliser le plan projeté. Ceux-ci acceptent le 22 juillet. Un ingénieur de Boischatel, Éric Gourdeau, propriétaire d'une entreprise spécialisée dans le domaine forestier, prend charge de la construction à la demande du professionnel du club, Rodolphe Huot, et de deux administrateurs, messieurs Fortin et Poulette. Il y installe tentes et cuisine pour loger et nourrir les travailleurs qui demeurent sur place. Les travaux débutent aussitôt. Il faut d'abord procéder au déboisement des lieux. La construction se fait rondement, malgré certains problèmes rencontrés aux trous nos 1 et 5 (12 actuel). Au trou no 1, une présence anormale d'eau suscite des interrogations. On en recherche la provenance. Il s'agit d'une source souterraine. Le trou no 5 est un véritable marécage. Le sol argileux retient les eaux qui coulent de la colline voisinant l'allée. Il faut y installer de multiples drains français. Le 9 juin 1959, la construction est presque terminée. On inaugure officiellement le nouveau parcours le 12 septembre 1959 ; la construction a coûté quelque 128 000 $.

Quatre ans plus tard, on décide de construire un quatrième neuf trous. Watson en est encore l'architecte. On réaménage certains trous. Le trou no 5 devient le 12, le 6 devient le 16 et ainsi de suite. Le parcours est prêt à accueillir les joueurs en mars 1968. Le Royal Québec possède alors deux parcours de 18 trous, l'un, le plus ancien, que l'on nomme Royal, l'autre, Québec. La configuration du parcours Québec ne permet toutefois pas d'y jouer un seul neuf trous, puisque le neuvième trou se retrouve aux confins de la propriété. Aussi, décide-t-on, en 1971, de construire, après le trou no 7 deux trous additionnels, les 8A et 9A, qui ramènent les golfeurs tout près du pavillon du club.

Le conseil d'administration du club conserve, au cours des ans, un même souci : celui d'améliorer le terrain tout en maintenant le club en bonne santé financière. À compter du milieu des années 1980, le club fait des dépenses majeures : plus de 1 600 000 $ sur une période de six ans. On effectue des travaux de drainage ; on installe un système d'irrigation sur l'ensemble du terrain ; on construit de nouveaux tertres de départ ; on refait complètement certains verts ; on bâtit même une usine de pompage pour s'assurer d'un approvisionnement constant d'eau. Les investissements rapportent. Les membres vantent l'excellence des parcours. Les visiteurs se pressent pour jouer au Royal Québec.

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